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Assurance immobilier et construction : constructeurs, artisans, architectes, promoteurs, agents, syndics

L’assurance dans l’immobilier et la construction combine des obligations légales lourdes (décennale, loi Hoguet, copropriété) et des risques de chantier, de responsabilité et de patrimoine. Un constructeur, un artisan, un maître d’œuvre, un agent immobilier ou une société civile immobilière (SCI) n’ont pas les mêmes contrats à réunir, et une activité mal déclarée peut priver de garantie le jour du sinistre. Notre cabinet de courtage indépendant, à Paris, connaît ces métiers.

Votre activité et ses enjeux

« Immobilier et construction » recouvre deux grands univers, qui se croisent souvent dans une même structure :

La construction. Constructeurs de maisons individuelles (contrat de construction de maison individuelle, ou CCMI), entreprises générales, artisans et entreprises de chaque corps d’état (gros œuvre, charpente-couverture, plomberie, électricité, peinture…), entreprises de rénovation, maîtres d’œuvre, architectes et bureaux d’études. Le vocabulaire de base : le maître d’ouvrage commande et finance l’ouvrage ; le maître d’œuvre le conçoit ou en dirige l’exécution ; chaque entreprise intervient sur un lot ; la réception est l’acte par lequel le maître d’ouvrage déclare accepter l’ouvrage avec ou sans réserves (article 1792-6 du Code civil).

L’immobilier. Agents immobiliers, chasseurs de biens, administrateurs de biens, gestionnaires locatifs et syndics de copropriété agissent pour autrui, souvent avec des fonds qui ne sont pas les leurs. Marchands de biens, promoteurs et constructeurs en VEFA (vente en l’état futur d’achèvement) construisent ou font construire, puis vendent. SCI, sociétés patrimoniales et foncières détiennent des immeubles. Le risque tient à ce qu’ils conseillent, encaissent, signent, vendent ou détiennent.

Une même structure cumule souvent plusieurs rôles : les assurances doivent suivre, sans trou ni doublon.

Les risques propres à l’immobilier et à la construction

  • Désordres décennaux : dommages qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à sa destination (infiltrations, fissures de structure, défauts d’étanchéité), jusqu’à dix ans après la réception.
  • Dommages en cours de chantier : sinistre sur l’ouvrage en construction, dommages aux avoisinants ou à des tiers.
  • Activité hors du cadre déclaré : technique ou chantier non prévus à l’attestation, qui ouvrent la porte au refus de garantie.
  • Sous-traitance : défaillance d’un sous-traitant, paiement direct, caution obligatoire, responsabilité de l’entrepreneur principal.
  • Matériel, engins et véhicules de chantier : vol, bris, incendie, y compris sur des chantiers non gardés.
  • Santé et sécurité des équipes : l’employeur doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs (article L. 4121-1 du Code du travail).
  • Erreur de conseil, de mandat ou de gestion pour les agents, administrateurs de biens et syndics ; fraude au virement lors d’une vente.

Exemples de situations types

Maçon : infiltrations après réception

À titre d’exemple, quelques années après la réception d’une maison, des infiltrations par une toiture-terrasse rendent plusieurs pièces impropres à leur destination. Le désordre relève de la présomption de l’article 1792 du Code civil : l’assurance de responsabilité décennale du constructeur concerné est mobilisée, dans les limites du contrat et de l’activité déclarée.

Entreprise de rénovation : activité non déclarée

Situation type : une entreprise déclarée en plâtrerie et peinture réalise aussi des travaux d’étanchéité de toiture, absents de son attestation. Après un sinistre, l’assureur oppose que l’activité n’était pas déclarée. L’attestation doit indiquer les activités ou missions exercées (article A. 243-3 du Code des assurances) : l’écart entre contrat et chantier réel est un piège classique.

Agence : clause suspensive oubliée

À titre d’exemple, un compromis est rédigé sans la condition suspensive d’obtention de prêt convenue entre les parties. L’acquéreur ne trouve pas de financement, le vendeur réclame l’indemnité d’immobilisation, et l’acquéreur se retourne contre l’agence. La responsabilité civile professionnelle peut intervenir pour la défense et l’indemnisation, dans les limites du contrat.

Entreprise générale : sinistre en cours de chantier

Situation type : pendant le gros œuvre d’un immeuble, un incendie détruit une partie de l’ouvrage non encore réceptionné et des matériaux stockés. Selon les contrats souscrits, une assurance tous risques chantier (TRC) pour l’ouvrage, l’assurance du matériel pour les engins et l’assurance de responsabilité de l’entreprise pour les tiers peuvent chacune être concernées.

Ce que la réglementation et vos clients exigent

Dans la construction comme dans l’immobilier, l’assurance est souvent une condition d’exercice et une pièce du dossier de chantier. Les principales obligations (textes lus sur Légifrance, versions en vigueur au 27 octobre 2026) :

Principales obligations d’assurance et de garantie
Profession ou situationExigence liée à l’assuranceTexte de référence
Tout constructeur dont la responsabilité décennale peut être engagée (artisan, entreprise, architecte, maître d’œuvre, technicien…)Assurance de responsabilité décennale ; justification du contrat à l’ouverture de tout chantier et pour tout candidat à un marché public ; maintien de la garantie pour la durée de la responsabilité décennaleArt. L. 241-1 du Code des assurances (version en vigueur depuis le 8 août 2015) ; art. 1792 et 1792-1 du Code civil
Celui qui fait réaliser des travaux de construction pour le compte d’autrui, ou en vue de la vente (promoteur, marchand de biens, constructeur-vendeur)Assurance de responsabilité couvrant les dommages des articles 1792 et 1792-2 du Code civil résultant de son faitArt. L. 241-2 du Code des assurances (en vigueur depuis le 9 juin 2005)
Attestation d’assuranceAttestation jointe aux devis et factures ; mention des assurances dans l’acte de transfert de propriété ou de jouissance avant l’expiration du délai de dix ans, hors baux à loyerArt. L. 243-2 du Code des assurances (en vigueur depuis le 8 août 2015) ; arrêté du 5 janvier 2016, art. A. 243-3 et A. 243-4
Défaut d’assurance obligatoireSix mois d’emprisonnement et 75 000 € d’amende, ou l’une de ces deux peines (exception : personne physique construisant un logement pour l’occuper ou le faire occuper par ses proches)Art. L. 243-3 du Code des assurances (en vigueur depuis le 9 juin 2005)
Constructeur de maison individuelle (CCMI)Contrat comportant la référence de l’assurance de dommages du maître d’ouvrage et les garanties de remboursement et de livraison, la garantie de livraison couvrant les risques d’inexécution ou de mauvaise exécution à prix et délais convenusArt. L. 231-1, L. 231-2 et L. 231-6 du Code de la construction et de l’habitation
Maître d’ouvrage, propriétaire ou vendeurDommage-ouvrage avant l’ouverture du chantier (exceptions légales) : voir le site dédiéArt. L. 242-1 du Code des assurances
Agent immobilier, administrateur de biens, syndic (loi Hoguet)Carte professionnelle, assurance de responsabilité civile professionnelle et garantie financière (dispense possible pour qui ne détient aucun fonds, hors certaines activités dont la gestion et le syndic)Art. 3 de la loi n° 70-9 du 2 janvier 1970 et décret n° 72-678 du 20 juillet 1972

Au-delà de la loi, les maîtres d’ouvrage, banques, notaires et donneurs d’ordre demandent l’attestation d’assurance avant l’ouverture du chantier, et les appels d’offres exigent de pouvoir justifier de l’assurance.

Garanties du constructeur : parfait achèvement, biennale, décennale

À compter de la réception, trois garanties légales se succèdent :

  • Parfait achèvement : l’entrepreneur y est tenu pendant un an et elle s’étend à la réparation de tous les désordres signalés par le maître d’ouvrage, par des réserves au procès-verbal ou par notification écrite pour ceux révélés ensuite. Elle ne couvre pas l’usure normale ou l’usage (article 1792-6 du Code civil).
  • Bon fonctionnement (garantie « biennale ») : les éléments d’équipement de l’ouvrage qui ne relèvent pas de la décennale font l’objet d’une garantie d’une durée minimale de deux ans à compter de la réception (article 1792-3).
  • Décennale : le constructeur est déchargé après dix ans à compter de la réception (article 1792-4-1). Les éléments d’équipement ne sont concernés que s’ils font indissociablement corps avec les ouvrages de viabilité, de fondation, d’ossature, de clos ou de couvert, c’est-à-dire lorsque leur dépose, démontage ou remplacement ne peut se faire sans détérioration ou enlèvement de matière de cet ouvrage (article 1792-2).

Les actions contre un sous-traitant se prescrivent par dix ans à compter de la réception pour les dommages des articles 1792 et 1792-2, et par deux ans pour ceux de l’article 1792-3 (article 1792-4-2).

Ce que le contrat décennal doit contenir. L’annexe I de l’article A. 243-1 du Code des assurances (clauses types, en vigueur depuis le 28 novembre 2009) impose notamment que le contrat couvre les travaux de réparation, y compris démolition, dépose ou démontage nécessaires, et qu’il couvre les travaux dont l’ouverture de chantier est intervenue pendant la période de validité, la garantie étant maintenue pour la durée de la responsabilité décennale sans prime subséquente. L’ouverture de chantier correspond à la date de la déclaration d’ouverture de chantier (DOC) pour les travaux soumis à permis de construire. Seuls le fait intentionnel, l’usure normale ou le défaut d’entretien et la cause étrangère sont des exclusions prévues par ces clauses types. L’assuré est déchu de ses droits en cas d’inobservation inexcusable des règles de l’art, sans que cette déchéance soit opposable aux bénéficiaires des indemnités.

Dommage-ouvrage : l’obligation du maître d’ouvrage

L’article L. 242-1 du Code des assurances impose au propriétaire, au vendeur ou au mandataire du propriétaire de l’ouvrage qui fait réaliser des travaux de construction de souscrire, avant l’ouverture du chantier, une assurance qui paie les travaux de réparation en dehors de toute recherche des responsabilités. Cette obligation pèse sur le maître d’ouvrage, non sur l’entreprise ou le maître d’œuvre.

Les garanties à étudier pour votre activité

Selon votre métier, certains contrats sont obligatoires, d’autres relèvent de votre protection patrimoniale. Les assurances propres au chantier (tous risques chantier, assurance du patrimoine immobilier, loyers impayés) sont étudiées avec votre dossier. Côté entreprise :

Particularités et pièges des contrats

  • Activités déclarées : l’attestation mentionne les activités ou missions exercées, l’étendue géographique des opérations, le coût des opérations de construction et la nature des techniques utilisées (article A. 243-3). Un chantier hors de ces limites expose au refus de garantie : informez l’assureur avant, pas après.
  • Coût de l’opération : l’attestation fixe un seuil de coût total de construction par chantier. Un chantier plus important, ou un marché dépassant le plafond d’un contrat, doit être soumis à l’assureur.
  • Étendue territoriale : l’attestation précise la zone d’application des travaux couverts.
  • Sous-traitance : l’entrepreneur qui recourt à un sous-traitant doit le faire accepter et faire agréer ses conditions de paiement par le maître d’ouvrage, et le sous-traité est garanti par une caution personnelle et solidaire à peine de nullité (articles 3 et 14 de la loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975) ; le sous-traitant a une action directe contre le maître d’ouvrage en cas de non-paiement (article 12). Le sous-traitant doit lui aussi justifier de sa propre assurance.
  • Entreprise en difficulté et cessation : le contrat décennal est réputé maintenir la garantie pour la durée de la responsabilité décennale (article L. 241-1, alinéa 3).
  • Immobilier : base réclamation, période subséquente et reprise du passé ; la RC professionnelle ne garantit généralement pas la restitution des fonds, qui relève de la garantie financière.

Les moments où revoir vos garanties

  • Nouvelle activité ou nouveau corps d’état : demandez la mise à jour de l’attestation avant le premier chantier.
  • Chantier plus important ou marché public : seuil de coût, appel d’offres, caution de sous-traitance.
  • Nouvelle activité immobilière : gestion locative ou syndic, avec nouvelle mention de carte et nouvelle garantie financière.
  • Levée de fonds, entrée d’investisseurs, cession : RC des dirigeants, garantie du passif.

Comment nous vous accompagnons

Nous comprenons d’abord vos rôles réels (constructeur, maître d’œuvre, mandataire, vendeur, propriétaire) et vos contrats existants, puis réalisons un audit de vos garanties en vérifiant l’adéquation entre activités déclarées et chantiers réels, consultons un réseau de plus de 80 compagnies, vous présentons un comparatif lisible et assurons le suivi des attestations, des déclarations et des sinistres. Aucun résultat n’est garanti à l’avance. Contactez-nous ou découvrez le cabinet.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Un artisan du bâtiment doit-il obligatoirement avoir une décennale ?

Oui : toute personne dont la responsabilité décennale peut être engagée doit être couverte par une assurance (article L. 241-1 du Code des assurances). Elle doit justifier de ce contrat à l’ouverture de tout chantier, et tout candidat à un marché public doit pouvoir le justifier. Ne pas s’assurer est puni de six mois d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende (article L. 243-3), sauf pour la personne physique qui construit un logement pour l’occuper elle-même ou le faire occuper par ses proches.

Mon attestation de décennale couvre-t-elle toutes les activités que j’exerce ?

Non : elle ne couvre que les activités ou missions qu’elle mentionne. L’arrêté du 5 janvier 2016 (article A. 243-3 du Code des assurances) impose d’y indiquer les activités ou missions exercées, les dates d’ouverture de chantier, l’étendue géographique, le coût des opérations et les techniques utilisées. Si vos travaux sortent de ce cadre, vous devez en informer l’assureur. Relisez votre attestation avant chaque nouveau type de chantier.

Quelle différence entre garantie de parfait achèvement, biennale et décennale ?

Elles couvrent des désordres différents sur des durées différentes, à compter de la réception. La garantie de parfait achèvement (un an, article 1792-6 du Code civil) concerne tous les désordres signalés. La garantie de bon fonctionnement (deux ans au minimum, article 1792-3) concerne les éléments d’équipement dissociables. La garantie décennale (dix ans, articles 1792 et 1792-4-1) concerne les dommages qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à sa destination.

Un maître d’œuvre, un architecte ou un bureau d’études est-il concerné par la décennale ?

Oui : l’article 1792-1 du Code civil répute constructeur tout architecte, entrepreneur, technicien ou autre personne liée au maître de l’ouvrage par un contrat de louage d’ouvrage. Un maître d’œuvre ou un bureau d’études de conception est donc exposé à la présomption de responsabilité de l’article 1792, et doit être couvert au titre de l’article L. 241-1 du Code des assurances. Les missions exercées doivent figurer à l’attestation.

Un agent immobilier doit-il obligatoirement avoir une assurance RC professionnelle ?

Oui : pour obtenir et exercer avec une carte professionnelle, l’agent immobilier doit justifier d’une assurance de responsabilité civile professionnelle. S’y ajoute, pour la gestion, le syndic ou une transaction avec détention de fonds, une garantie financière distincte, qui protège les sommes confiées. Ces deux protections ont des objets différents et ne se remplacent pas.

Mon projet de construction relève-t-il de la dommage-ouvrage ?

La dommage-ouvrage est une obligation du maître d’ouvrage, pas de l’entreprise. L’article L. 242-1 du Code des assurances impose au propriétaire, au vendeur ou au mandataire du propriétaire qui fait réaliser des travaux de construction de la souscrire avant l’ouverture du chantier, avec des exceptions prévues par la loi.

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